Les marcheurs à Tervuren

20 marcheurs, des châteaux, un roi et quelques kilomètres

Ce mardi 11 août, 20 courageux marcheurs d’ENEO Waremme ont pris la direction de Tervuren.

Objectif officiel : marcher.
Objectif officieux : vérifier si les jambes tiennent toujours après quelques kilomètres… et surtout mériter le verre de fin de journée !
Sous un soleil plutôt coopératif, notre petite troupe est partie à la découverte du magnifique domaine de Tervuren et de la forêt de Soignes. Une promenade qui allait nous permettre de parcourir quelques siècles d’histoire… et de constater que les rois avaient décidément beaucoup de temps libre pour construire et détruire des châteaux !

Du château des ducs de Brabant à Joseph II : « Circulez, il n’y a plus rien à voir ! »

Tout commence au bord de la Voer, petite rivière locale qui, elle, ne se pose pas de questions existentielles : elle prend sa source dans la forêt de Soignes et va tranquillement terminer sa course dans la Dyle, à Louvain.
Notre marche démarre à proximité de l’ancien château des ducs de Brabant, construit vers 1200. Un château imposant, entouré de douves et certainement très pratique pour impressionner les voisins.
Malheureusement, en 1782, Joseph II, empereur du Saint-Empire romain germanique, décide que ce vieux château a suffisamment vécu et ordonne sa destruction.
Voilà un empereur qui, manifestement, n’avait pas la même conception du patrimoine que nous !
Il reste néanmoins quelques plans d’eau et plusieurs bâtiments témoins de cette époque, dont le pavillon de chasse. Celui-ci connaîtra à son tour quelques transformations avant de laisser place au « nouveau » château de Tervuren sous le régime hollandais. Nouveau château qui, décidément, n’était pas destiné à une longue carrière puisqu’il disparaîtra dans un incendie en 1879.

Léopold II entre en scène

Une fois l’espace libéré, Léopold II, notre célèbre « roi bâtisseur », se dit probablement :
« Tiens, il y a de la place ici… construisons quelque chose ! »
Et voilà qu’apparaît le Palais des Colonies, construit à l’occasion de l’Exposition universelle de Bruxelles de 1897.
Pour faciliter l’accès à son domaine, le roi transforme l’ancienne chaussée de Tervuren en une véritable avenue royale : large, arborée et même équipée d’un tramway.
À l’époque, on ne parlait donc pas encore de mobilité douce, mais on savait déjà organiser les embouteillages avec élégance !
Le Palais des Colonies devait être une magnifique vitrine destinée à présenter l’État indépendant du Congo, propriété personnelle de Léopold II, et à séduire investisseurs et visiteurs belges.
Mais derrière les fastes de l’exposition se cache une réalité beaucoup plus sombre : un « village congolais » où 269 Congolais furent amenés en Belgique pour être présentés au public dans un décor censé reproduire leur habitat traditionnel.
L’épisode fut tragique : sept Congolais moururent en Belgique et deux autres durant le voyage. Ils furent finalement enterrés près de l’église de Tervuren, où un hommage leur a été rendu.
Comme quoi, derrière les belles façades et les grandes expositions, l’Histoire nous rappelle parfois qu’elle est beaucoup moins souriante que les guides touristiques.

Et le Palais devient musée

Le Palais des Colonies, situé dans l’axe de l’avenue de Tervuren, est aujourd’hui connu sous le nom de Palais d’Afrique.
Puis, en 1910, Bruxelles organise une nouvelle Exposition universelle. Léopold II remet alors le couvert, avec encore plus d’ambition : il fait construire le bâtiment actuel de l’AfricaMuseum, confié à l’architecte Charles Girault, également auteur du Petit Palais de Paris.
Mais le roi ne verra pas son œuvre terminée : en 1908, il est contraint de céder le Congo à l’État belge, qui devient alors le Congo belge, et Léopold II décède en décembre 1909.
Le musée connaîtra encore une longue histoire et sera fermé de 2013 à 2018 pour une importante rénovation. On lui ajoutera notamment un bâtiment d’accueil moderne relié au musée par un tunnel.

Enfin… on marche !

Après cette petite dose d’histoire, il était grand temps de faire ce pour quoi nous étions venus : marcher !
Direction les plans d’eau, la Maison espagnole, puis la forêt de Soignes.
La journée se poursuit à travers la forêt et le bois des Capucins, en empruntant notamment la promenade royale. Et puisqu’un groupe de marcheurs n’est jamais à l’abri d’une nouvelle découverte, nous voici bientôt dans l’arboretum géographique de Tervuren, cher à Léopold II.
Une formidable manière de voyager à travers l’hémisphère nord… sans billet d’avion, sans valise et surtout sans devoir passer le contrôle de sécurité !

Nous traversons ensuite le centre de Tervuren et découvrons l’église Saint-Jean-l’Évangéliste avant de boucler notre circuit en revenant vers l’ancien château ducal.
Il reste encore quelques beaux témoins du passé : la chapelle Saint-Hubert et les anciennes écuries en hémicycle qui faisaient partie de l’ensemble castral.

Et comme toujours… le véritable objectif apparaît !

Après tant de kilomètres, de châteaux disparus, de rois bâtisseurs, d’empereurs démolisseurs, de forêts et d’arboretums, il était évidemment temps de passer à l’essentiel.

Une bien belle journée donc, mêlant nature, histoire, patrimoine et bonne humeur — avec, comme souvent, quelques kilomètres dans les jambes et beaucoup plus de souvenirs dans la tête.

Tervuren (2026-08-11)

La terrasse du centre culturel local nous attendait pour le traditionnel verre de l’amitié.

Car chez ÉNÉO Waremme, nous avons une règle historique immuable :
On peut perdre un château, changer de roi, transformer un musée… mais on ne supprime jamais le verre de fin de marche !

Tervuren (2026-08-11)